Visite du Group’Artuel de l’expo Kandinsky au musee de Grenoble 03 decembre 2016


kandinsky-trente-1937-huile-sur-toile-photo-moone

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Nous avons eu la chance d’être guidés et entraînés dans cette visite, par une guide passionnée.
Elle a su nous rappeler que l’art est conditionné par l’histoire et les rencontres.
Cette heure et demi dans le monde de Kandinsky s’est écoulée sans nous en rendre compte.
Cette exposition n’est pas une rétrospective mais le reflet de la production de l’artiste dans sa période parisienne de 1933 à 1944.

Kandinsky est né russe. Il est né dans un milieu aisé et s’est formé à l’économie et aux finances pour finalement choisir la voie artistique. L’histoire et les évolutions politiques ont guidé ses pérégrinations. Il a quitté la Russie au moment où elle est devenue soviétique, pour l’Allemagne. Cette dernière lui a permis de faire partie du mouvement Bauhaus jusqu’à ce que les nazis ferment l’école. Les artistes du mouvement migrent alors. Certains iront en Amérique, d’autres, en Suisse et lui, sera presque le seul à se rendre à Paris. Il s’installe à Neuilly, dans un appartement avec une vue dégagée sur la seine. Ce sera son antre, il s’y sentira isolé, sans ses compagnons, puis rencontrera sa femme qui l’accompagnera jusqu’à la fin.
Cette période à Paris est très riche en production, et ce, malgré l’évolution du contexte politique.
On ne ressent que peu les turpides de cette période, qui semblent glisser sur lui.
Il a été le précurseur de l’abstraction.

En effet, il a réalisé que ses œuvres figuratives le rattachaient trop au réel. Il a alors développé un style abstrait coloré et léger. On pourrait croire qu’il a laissé faire le hasard mais ses œuvres résultent d’un travail de recherche en amont très approfondi. En attestent ses dessins préparatoires.
Recherche sur les formes, recherche de vocabulaire pictural entre lignes, formes embryonnaires et organiques. Notre guide nous rappelle que c’est l’époque de l’amélioration du microscope, qui a emmené nos artistes sur des pistes diversifiées.
Travail également sur la composition, la force des formes géométrique : le rond, le triangle et leur emplacement.
On pourrait croire parfois que ce sont des hiéroglyphes, des signes, qui s’organisent comme un abécédaire parfois.

Une recherche de moyens de communications, de codes, qui doit amener le spectateur vers la compréhension de l’oeuvre. Il compose ses œuvres picturales comme une interprétation musicale
avec des sonorités aiguës ou sourdes, enthousiasmes ou douces qui se traduisent en signes et
couleurs chaudes ou froides.
Kandinsky cherche une voie, cherche les voies vers le cosmos, l’universalité, du spirituel dans l’art,
(comme il l’écrit dans le livre du même nom).

Il s’affranchit toutefois de l’abstraction géométrique, mouvement en cours à cette période.
La voie intérieure qui renvoie à l’universel. On croit voir un morceau d’espace ou un monde
souterrain.
Ses tableaux mettent en couleur des signes et figures qui flottent dans ces mondes réels ou
imaginaires. « créer une oeuvre, c’est créer un monde » dans une dynamique propre.
Ses oeuvres nous étonnent par leurs couleurs, leurs harmonies et associations, si différentes les unes
des autres.
On pense y voir une influence de Matisse, de Miro, des surréalistes.
Mais qui influence qui ? Il se nourrit également des voyages qu’il fait.
Le seul moment où on voit ses oeuvres s’assombrir c’est vers la fin de sa vie, qu’il achève à Paris.
Cette visite nous a permis de re- découvrir, de décoder les oeuvres de Kandinsky ou tout,
simplement, de se laisser porter par leur gaité et leur légèreté.

Elisabeth CINTAS, artueliste



4 Comments

  1. Nom *Joan wrote:

    Très intéressant ! Merci

  2. Nom *Betty wrote:

    Bonjour , MERCI pour ce compte rendu de visite. Moi aussi , je pense que Kandinsky a ouvert une nouvelle voie , et que nous sommes vite entrés dans son monde ; pourtant , c’était un monde tout nouveau! Je me suis toujours demandé pourquoi nous pouvions adhérer aussi facilement à sa peinture. Sûrement parce que nous avons tous un petit côté « Kandinsky »: depuis l’enfance , nous aimons tracer des formes , des lignes , en essayant de faire qu’elles aillent bien ensemble ….On y ajoute des couleurs que l’on aime ….on se laisse aller à son intuition ….on a un sentiment de liberté , et on aime bien ce que l’on fait …. Savez vous à qui je le compare , cela va peut être vous étonner , et les critiques d’art diront sans doute que j’ai tort .Possible ; je n’ai pas la science infuse. J’ai sans doute tort , mais je vous donne quand même mon opinion : pour moi , Kandinsky en peinture , c’est un peu Bach en musique: accords nouveaux , juxtapositions magnifiques , belles , étonnantes , dissonantes et superbes ,parfois grandioses. Une force nouvelle .Un coup d’éclat d’un artiste qui n’a pas peur . Peur de choquer .Une nouveauté de ton , un monde nouveau dans lequel on entre aussi très facilement , parce que Beau . Voilà , quelques pensées de quelqu’un qui admire toutes ces personnes qui ont la chance de présenter aux autres des voies nouvelles. Qui ont du génie. Comme ce doit être bien , de trouver sa voie !! Très bonne journée. Betty

  3. Georgette * wrote:

    Tu me mets l’eau à la bouche Bena..
    J’ai ressenti et j’ai revu Kandinsky dans cette excellente compte-rendu
    À bientôt

  4. Bel article, merci à la rédactrice. Nous avons en effet passé un très bon moment et une très belle journée. merci aussi à toi Béna.
    Concours de circonstance, Artprice a publié un billet samedi dernier indiquant que « 32 000 œuvres du Bauhaus avaient été numérisées et étaient désormais accessibles sur les archives en ligne du Havard Arts Museum qui possède la plus grande collection de pièces issues de ce mouvement artistique ». ‘Dixit Artprice’

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